Sandra ne m’avait pas beaucoup parlé de ses amours de vacances. Et de mon côté, je n’y avais pas prêté grande attention. Jusqu’alors, ce n’avait pas été la séquence la plus captivante de sa vie. ...
Peut-être Christine Orban a-t-elle raison, peut-être n’aime-t-on jamais que des personnes inventées, des êtres qui n’existent pas dans la réalité parce qu’ils sont avant tout le résultat de nos ...
J'ai toujours pensé que Sophie en savait plus sur Sandra que moi-même. En un sens, c'est normal, mais d'un autre côté elle nous a quittés tous les deux, entre beaucoup d'autres. Rien de ce que ...
Vous savez, au bout de trois, quatre jours, après l'attente, la vaine attente, après avoir appelé tous les numéros de son répertoire, et du mien, y compris ceux de gens à qui je n'avais plus ...
J’ai écrit Poésie de l’indifférence pour me libérer d’un visage, qui m’a hanté pendant quinze ans avant de devenir celui d’Aude ; Le nombril de Marine au-dessus des fougères avec l’inquiétante ...
29 janvier 1974 Hier soir, Valéry Giscard d’Estaing s’est couché tard. Le ministre des Finances est revenu d’un déplacement en province avec le président. Un quart de siècle plus tard, il ...
"La mythologie de l'adolescence conduit au gâtisme" (Paul Guimard - Les choses de la vie). C'est le genre de filles dont nos anciens camarades de collège et de lycée peuvent se dire, en ...
"Il est des rencontres fertiles qui valent bien des aurores" (lettre de René Char à Albert Camus - octobre 1947). Quand vous la rencontrerez, si vous la rencontrez, vous verrez avant tout des ...
C'est dans le silence que je te retrouve à présent. Dans le silence des lignes, des phrases et des mots qui se périment lentement, qui s'usent au contact du monde réel, de sa dureté, de sa ...
Il y avait si longtemps que Sandra avait disparu. Les choses n’étaient plus les mêmes. Je la photographiais des yeux. L’été se résumait en elle. Dans son absence, il y avait de l’angoisse et de ...
Cet après-midi là Axelle se reposait chez vous, après trois jours passés près de sa fille. Le taxi vous a déposé à trente mètres de la maison. Il était quelque chose comme six heures du soir. Vous ...
La nuit était une soute. Doucement elle vous enveloppait ; elle ressemblait à un linceul prévu pour quelqu’un d’autre ; quelqu’un que vous aimiez. Au bout d’un couloir, dans cet autre pavillon de ...
Le désespoir appelle le désespoir. C’est à cela que vous pensez en négociant les derniers virages, le chemin est étroit et vous frôlez presque les chèvrefeuilles qui se répandent devant les ...
La salle de bains du boulevard Pereire. Vous êtes à côté d’elle, devant le grand miroir dans lequel vous vous êtes si souvent regardé, seul, à l’époque où vous aimiez cela. Elle termine de ...
C’était le matin ; vous la regardiez. Vous la regardiez encore. Vous saviez ce qui allait se passer et cependant vous étiez si loin de la routine imbécile et comptable des autres — les autres, à ...
Le téléphone sonne sans arrêt. Vous avez beaucoup de travail. On est en mai. Il fait chaud dans le bureau que vous louez à Garches. Vous n’avez pas mis de cravate. Vous êtes seul. Votre assistante ...
Quai de Béthune. Elle descend d’un taxi. Elle se jette dans vos bras. C’est devenu une habitude dont vous n’avez pas envie de vous défendre. Les gens s’arrêtent pour vous regarder. Vous n’y songez ...
Bien sûr, par hasard le plus souvent, il vous arrive encore de repasser par la rue Bobillot. Cet immeuble beige, daté déjà, avec des stores aux couleurs passées et des portes vitrées en bas. Juste ...
15 janvier 1974 Claude Pompidou n’a jamais voulu s’installer pour de bon à l’Elysée, pas plus qu’à Matignon, des années plus tôt. Férue de modernité et peu attirée, c’est peu de le dire, par la ...
9 janvier 1974 Le Premier ministre est un homme de devoir. C'est même essentiellement pour ce motif qu'il est, depuis cinq cent quarante-deux jours, installé rue de Varenne, dans cet hôtel de ...
31 décembre 1973 Le président de la République est mort. Enfin, non, pas tout à fait. Pas complètement. Il y a encore un peu de vie en lui, suffisamment en tout cas pour lui permettre d’apparaître ...
La mort au mois de janvier Je savais que c’était une lettre d’Alain. J’avais reconnu son écriture sur l’enveloppe, le timbre atypique, la minceur du pli qui annonçait la brièveté du propos. Une ...
Le 11 février 1955, la Renault Frégate de Pierre Lefaucheux dérapa sur une plaque de verglas dans la dérivation de Vitry-le-François. Il fut tué sur le coup. Le 13, à 7 heures du matin, Paul ...
Je me souviens fort bien du jour où j’entendis parler de Marie pour la première fois. C’était en novembre 1950. J’attendais Paul dans un bistrot en face de la gare de Tours. J’étais en avance mais ...
« Ecrire, c’est inventer avec des souvenirs. » Jean d’Ormesson Ecrire c’est un bonheur, un loisir, un métier, une contradiction. En écrivant, on extrait de soi des choses intimes et dangereuses, ...