Partager l'article ! Marie ou le printemps intérieur, 2ème partie: Le 11 février 1955, la Renault Frégate de Pierre Lefaucheux dérapa sur une plaque de vergl ...
Le 11 février 1955, la Renault Frégate de Pierre Lefaucheux dérapa sur une plaque de verglas dans la dérivation de Vitry-le-François. Il fut tué sur le coup. Le 13, à 7 heures du matin, Paul m’appela du Bourget. « Viens me chercher. » Encore mal réveillé, je démarrai la Jaguar et pris la route de l’aérodrome. Il pleuvait. Il était là, son manteau dégoulinant, seul, sans le moindre bagage. Il souriait comme quelqu’un qui aurait joué une bonne plaisanterie au hasard. Il s’installa à ma gauche et contempla le jour gris et pâle qui se levait. « Tu sais pourquoi je suis là ? » Je le savais. C’était folie. Je le lui dis. Il balaya mon objection d’un geste : « Ça fait quatre ans que je suis en sursis. Ça suffit. J’ai besoin d’elle. Le commandant Gildas est mort. Il n’y a plus d’obstacle. »
Je me retins de lui dire ce que je pensais. A quoi bon ? Il le savait déjà. Il n’avait aucune idée de ce qu’elle avait pu faire depuis quatre ans. Elle pouvait être morte, ou mariée, voire (horreur ultime) mère de famille. Peut-être avait-elle quitté la France. Peut-être ne la retrouverait-il jamais. Et puis même s’il la retrouvait, voudrait-elle revoir celui qu’elle avait si paisiblement congédié ? En quatorze heures d’avion Paul avait eu le temps de se poser toutes ces questions. A présent il voulait des réponses. C’était la grande énigme de sa vie. Il avait assez attendu. Plus que tout, à présent il voulait la résoudre.
Je déposai Paul chez Delecroix, sur les Champs-Elysées. Il loua une Mercedes 300S et nous convînmes de nous retrouver chez moi, le soir même à huit heures.
Il arriva à minuit. Il pleuvait toujours. Il était épuisé ; il n’avait pas dormi depuis deux jours. Il ôta son manteau, s’assit et but trois tasses de café avant d’articuler le moindre mot. « Alors voilà. Madame Löwenstein est morte l’année dernière. L’appartement du square Mignot a été vendu. Personne n’y habitait plus depuis fin 51. L’agence qui s’en occupait a reçu deux jeux de clés par la poste à ce moment-là, sans un mot d’explication.
» J’ai la liste de toutes les personnes présentes ce matin à l’enterrement de Lefaucheux. C’est une source sûre. Marie n’y était pas. Je suis allé à Meudon. La maison a été vendue. Mais j’ai trouvé un vieux type, un jardinier qui s’occupait du domaine à l’époque. Il se souvient très bien de Marie : elle a habité là jusqu’à l’été 53. (Il se servit de nouveau du café.) Elle avait une voiture. Le jardinier avait conservé un jeu de photos. Je les lui ai achetées pour cinq mille francs. J’ai du pot : il y a une épreuve où l’on voit sa voiture. J’ai fait faire un agrandissement. On voit très nettement l’immatriculation. (Il me tendit une grande enveloppe en kraft. Incrédule, je parcourus les tirages. Une maison bourgeoise, une Frégate et une Aronde garées côte à côte. Bien entendu les volets de la maison étaient clos.) La Simca était immatriculée à Orléans. J’ai donné les informations que j’avais à Thibert, au Deuxième Bureau. A quatre heures, j’avais l’adresse. Je suis parti pour Orléans. J’ai trouvé l’appartement de Marie. Elle n’était pas là. J’ai interrogé la concierge. De prime abord elle ne voulait rien dire. Ça m’a encore coûté trois mille francs, mais j’ai eu mon renseignement. Marie est partie pour Trébizonde il y a trois jours. (Il sourit.) J’ai appris d’autres choses. Elle vit seule. Il est vraisemblable qu’elle ne travaille pas. Pas d’amis non plus, pour ce qu’en sait la concierge. Mais elle voyage beaucoup. (Il se renversa dans son fauteuil.) Je pars pour la Turquie demain matin. Je t’appellerai. »
Il alla se coucher. J’étais émerveillé et soucieux. Je retrouvais le Paul ardent et décidé d’avant Marie. Mais il me semblait qu’il se consumait dans la poursuite d’un objectif qui allait peut-être se dérober de nouveau. Et alors, qu’en resterait-il ? Je m’imaginais déjà en partance pour la mer Noire, afin d’en ramener un homme brisé par le chagrin. Je ne savais pas encore que je le voyais en bonne santé pour la dernière fois.
Deux jours plus tard, le téléphone sonna. C’était lui. « Elle n’est pas là. » Mais sa voix, bien que déformée par la distance, ne laissait apparaître aucune déception. « J’ai des amis ici. » (Où n’en avait-il pas ?) « Ils se sont renseignés. Elle n’est pas restée longtemps. Je ne sais pas ce qu’elle a fait. Mais elle est repartie hier ! Seulement, maintenant, je ne lâcherai plus la piste. » Où était-elle ? « Elle a pris l’avion pour Londres. C’est parfait. Je n’y suis pas allé depuis des années. Je m’envole dans vingt minutes. » Il était fiévreux, rieur, sûr de lui. Je n’attendis pas longtemps. Il m’appela le lendemain à six heures du soir. « Je suis à Portsmouth. Elle a pris la malle-poste ce matin pour Roscoff ! Elle ne m’échappera pas. J’ai loué une voiture ici. Peux-tu télégraphier à Dumas ? Tu t’en souviens ? C’est un vieux copain. Il habite à Carantec, en face de la capitainerie. Demande-lui de la suivre et de m’y retrouver demain. Il sait à quoi elle ressemble. »
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C’est à l’hôpital de Brest que je rencontrai Marie pour la première fois. Elle regardait la pluie de février dégouliner sur les vitres crasseuses d’une salle d’attente. Manifestement, elle savait qui j’étais. Elle se tenait très droit, ainsi que je l’ai toujours connue par la suite. En quelques mots, elle me raconta l’accident. Un refus de priorité sur la Nationale. Paul roulait très vite. Son Alvis avait mordu sur le bas-côté et s’était écrasée sur un talus. On ne savait pas s’il survivrait. Je regardais le profil obstiné et ravissant de Marie. D’une certaine manière la tragédie nous rapprochait. Mais comment avait-elle appris l’accident ? Savait-elle que Paul était lancé à sa poursuite ? Qu’il avait traversé la moitié du monde pour la retrouver ? Je ne la questionnai pas. Il me paraissait incongru de troubler le mystère qui émanait de cette femme endeuillée pour un autre que l’homme disloqué qui gisait, tout proche, dans une chambre humide, et autour duquel gravitaient des silhouettes silencieuses et affairées, qui égrenaient à mi-voix des pronostics possiblement définitifs. Pourtant c’était pour elle, pour ces yeux sombres, pour cette voix de velours que mon ami s’était gravement blessé. Je comprenais. Nous nous tenions à quelques centimètres l’un de l’autre. Elle ne me regardait pas. On voyait qu’elle avait pleuré un peu, mais aucun maquillage n’était là pour barbouiller ces traits irréguliers et somptueux dont la douleur ne parvenait pas à ternir l’éclat.
Somme toute, Paul avait raison : Marie était fondamentalement différente. A l’époque l’expression n’avait pas encore vu le jour, mais dans les années 70 on eût dit qu’elle était dérangeante. Marie était fière, très consciente d’elle-même et — sans doute — extrêmement intelligente. Elle portait un tailleur gris perle admirablement coupé et des souliers de cuir noir, des boucles d’oreille en or blanc, très simples, et un grand sac en maroquin noir. Il était visible qu’elle souffrait, mais je n’aurais su dire au bénéfice de qui.
Paul survécut. En mai, il sortit de l’hôpital. Il avait perdu vingt kilos et vieilli de dix ans. L’ambulance nous emmena tous les trois au Cap d’Ail. Tous les trois parce que, vous vous en doutiez, Marie était du voyage. Elle était venue jour après jour au chevet de Paul, sans rien expliquer de plus. Elle ne disait pas grand-chose, mais elle était là. Elle suivait ses humbles progrès et savait sourire quand il le fallait pour l’encourager malgré la cruauté d’une rééducation superflue. Il la dévorait des yeux. Il ne tenait debout, si l’on ose dire, que grâce à elle. Elle avait pris une chambre à Brest, ne semblait pas malheureuse. Pendant cinq mois, j’allai et vins entre Versailles et le Finistère. Paul me parlait de ses nouveaux projets, qui sonnaient comme des obligations : partir dans le sud, liquider ses affaires en Amérique, se retirer du monde, ne plus conduire. Evidemment il souffrait de tout cela, mais une sérénité nouvelle s’était emparée de lui : il en parlait comme s’il avait le choix.
C’est Marie qui annonça à Paul qu’il ne marcherait plus jamais. Il le savait avant de quitter la Bretagne pour toujours. La Bretagne , c’est-à-dire l’endroit où sa vie avait basculé : il y avait retrouvé Marie mais perdu ses jambes. Elle m’affirma qu’elle ne le quitterait plus. Avec un certain ressentiment devant ce gâchis je lui demandai combien de temps il faudrait pour qu’elle se lasse de pousser son fauteuil. Elle comprit mon scepticisme. Mais comme d’habitude, elle ne m’expliqua rien. Elle se contenta de m’assurer de son dévouement en me fixant avec conviction et peut-être un peu d’ennui. Je les laissai donc dans la villa du Cap. Paul passait des heures à regarder la mer et le ciel se confondre. Il jouissait de ce qu’il appelait, en plissant les yeux, son printemps intérieur. Avant que je ne parte, il voulut me voir en particulier. Il arborait le sourire lumineux mais fourbu qui venait de très loin et qui était tout ce qui restait de son ancienne insouciance. « Tu dois te poser des questions. C’est normal. Il n’y a pas grand-chose à dire. Ne te tracasse pas pour moi. Malgré ce que tu peux penser, je suis en de bonnes mains. Elle ne s’en ira pas. Enfin, si elle s’en va, elle te préviendra suffisamment à l’avance pour te laisser le temps de me trouver une autre infirmière ! » (Il rit.) « Mais je ne pense pas qu’elle partira. En quelque sorte nous allons vieillir ensemble. Je ne suis plus capable de faire grand-chose. C’est peut-être ce qui la retient, d’ailleurs. Ça doit la rassurer. Je suis en son pouvoir. Sans elle, je ne pourrais pas supporter cette vie et elle le sait. Elle a besoin que j’aie besoin d’elle. Autrefois, elle me soupçonnait d’avoir envie d’elle et c’est tout. Maintenant, chaque matin, elle a sous les yeux la preuve de ma dépendance. Je n’ai que ça pour la retenir. J’espère que ça suffira. »
Au début de 1963, Paul tomba malade. Une pneumonie, avec de multiples complications. Il demeura alité longtemps. Son corps meurtri et diminué résistait mal aux virus. Il ne s’en remit jamais tout à fait. Mais Marie le soignait. Elle-même semblait décliner doucement à l’ombre de Paul, qui se transformait progressivement en un délicieux vieillard prématuré mais grabataire.
En octobre 1969, Paul fit avec nous sa dernière promenade sur la plage. Il était très faible. Marie ne m’avait pas laissé manœuvrer son fauteuil. Elle avait ajusté la couverture sur les genoux du malade avec une espèce de tendresse pensive. A la demande de son propriétaire, j’avais ramené la Bugatti par la route (en vérité, les cent derniers kilomètres avaient été accomplis sur une dépanneuse, mais Paul ne le sut jamais). Marie et Paul contemplèrent longtemps la carrosserie luisante qui avait abrité leurs premiers tête-à-tête, une éternité auparavant. Ils demeurèrent silencieux, ne versèrent pas une larme. Elle étreignit un peu plus fort l’épaule décharnée de son compagnon ; il cilla légèrement et s’autorisa un demi-sourire. Même avec un pied dans la tombe, Paul savait encore s’amuser des farces du destin vicieux et sarcastique qui avait été le sien.
Un peu plus tard, Marie s’éclipsa pour une heure ou deux. Paul m’attendait sous la véranda. « J’aurai soixante ans l’année prochaine. Au fond, je n’ai pas à me plaindre. Même maintenant, je ne m’ennuie pas. J’ai Marie, et assez de souvenirs pour passer le temps. Et toi ? » Mes livres se vendaient toujours correctement. J’avais quitté Paris au profit d’une ancienne abbaye en Bourgogne. Ainsi la route était-elle un peu plus courte jusqu’au Cap.
Paul n’avait pas de secret à me confier. Son testament intellectuel se résumait à peu de choses et ça lui convenait parfaitement. Il ne laissait rien derrière lui. Pour ce qu’il en savait, pas d’enfant. Sa succession matérielle, quant à elle, était réglée depuis longtemps. Et Marie ? « Elle fera ce qu’elle voudra. J’aimerais qu’elle reste ici. Elle pourra y cultiver ma mémoire. » (Je voulus protester.) « Ne dis rien. Je ne suis pas encore gâteux. Je sais ce qu’il en est. J’en ai au maximum pour deux ans, trois tout au plus. Je m’affaiblis sans cesse. Tu n’auras bientôt plus besoin de venir traîner tes guêtres sur la Côte. » Paul larguait les amarres et en parlait en affectant l’impassibilité. Je savais pourtant à quels tumultes intérieurs il avait été soumis, et à quel point il avait souffert.
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Paul mourut le 12 juillet 1972. Le 14, dans la lueur des feux d’artifice, Marie et moi dispersâmes ses cendres au bord de l’eau. Je regardai s’envoler la poussière dans le vent du soir, cette trace imperceptible qui avait eu le bonheur d’exister. Et Marie. Quelques jours avant de sombrer dans le coma, Paul m’avait écrit une lettre. « Je vais bientôt m’absenter. Je te confie la Bugatti. En revanche, je ne te confie pas Marie. Tu comprends pourquoi : elle saura très bien veiller sur elle-même. Elle hérite du reste. Elle mérite de ne pas avoir à travailler. Elle pourra courir le monde si ça lui chante. Toutefois je lui ai écrit qu’elle pourrait t’appeler si un jour elle en avait besoin. C’est curieux comme la vie tient à peu de choses. Pendant très longtemps, un seul regard de sa part me permettait de tenir un jour de plus. Apparemment, ça ne suffit plus… Je suis las et je déraisonne, le dénouement n’est plus très loin, mais j’aurai bien vécu, n’est-ce pas ? J’ai fait tout ce que je voulais faire, j’ai eu tout ce que je voulais avoir. Et Marie est venue, comme pour couronner le tout. Le tableau d’ensemble n’est pas mal.
» C’est drôle : les deux hommes de sa vie ont fracassé leur trajectoire la même année dans un accident de voiture : j’ai juste été plus adroit que l’autre et j’ai tenu le choc. Regarde-la. Regarde ses mains : des mains faites pour jouer du piano et caresser la vie. Quarante-trois ans. Toujours belle, un peu fragile aussi avec ce souffle court à cause de son poumon abîmé. Elle était avec lui quand c’est arrivé. Je te l’ai raconté, je crois. Quand elle poussait mon fauteuil sur la plage, elle peinait parfois. Sa respiration changeait. Alors je savais qu’elle pensait à Lefaucheux, son corps puissant broyé sous la voiture, son sang mélangé à la neige boueuse… Marie a coloré pour moi la plus belle étape de ma vie. Elle a tout supporté pendant dix-sept ans. Ça n’a pas été facile pour elle. Elle a bousillé ses dernières belles années pour un infirme qu’elle avait confusément aimé pendant quelques mois. Pourquoi a-t-elle fait ça ? Je n’en ai pas la moindre idée. Fais comme moi : respecte ses secrets. Ne lui demande rien. Elle cachera ses blessures. Elle a quelques amis sûrs et des tanières clandestines où elle pourra toujours se réfugier si besoin est.
» Ne m’oublie pas trop vite. Tu te souviens d’Abbeville ? Ce qu’on a appelé ensuite la bataille de la Somme. Une de plus. Tous les copains écrabouillés par les bombes. Nous étions parmi les quelques survivants. Et un peu avant, quand nous prenions mon Amilcar pour aller courir la gueuse porte de Champerret… J’emmènerai un peu de toi dans mes bagages. Et maintenant tu seras tout seul à porter cela en toi, nos espoirs, nos morts, nos aventures et nos rêves. Tâche de durer encore un peu. Ecris quelques bons livres. Envoie-les à Marie. Elle aime les livres : elle a passé presque autant de temps dans ma bibliothèque que dans mon lit. Je ne sais pas si je dois en rire. De toute façon, ça n’a plus d’importance. Je t’embrasse. »
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Marie vit toujours au Cap d’Ail. Je crois qu’elle en a bougé trois ou quatre fois en vingt-neuf ans. Je la vois de temps en temps. Elle fréquente discrètement un diamantaire américain et septuagénaire qui a une maison à Antibes et qui, paraît-il, la comprend. Heureux veinard.
Quant à moi, quelquefois je sors la Bugatti. Au fait, je ne vous en ai pas dit grand-chose. C’est un coupé 57 Ventoux. Paul l’avait achetée en 1936 à son premier propriétaire. Je pense qu’un jour ou l’autre elle retournera dans le garage du Cap d’Ail. Après tout, ce n’est qu’un emprunt. Mais je crois que je conserverai la photo que j’ai trouvée dans le vide-poches. On y voit Paul et Marie à Lausanne, il y a cinquante ans, assis sur le capot. Ils sourient au photographe. Ils se tiennent la main. Pour une seconde, l’éclat de leur jeunesse éclipsait tout, leurs propres doutes, le passé et l’avenir. Finalement ils se sont beaucoup aimés à leur manière. Paul s’était souvent demandé ce qui se serait passé s’il n’avait eu cet accident. « Serait-elle revenue ? Est-ce que ça aurait duré ? » D’une certaine façon, il était heureux d’avoir fini en morceaux, même s’il a disparu avant d’avoir pu résoudre l’énigme que lui posait son oxygène personnel, je veux dire Marie, son sourire sibyllin, ses genoux ronds et son amour du silence, Marie regardant la mer qui contient désormais les restes d’un très vieil espoir, Marie assise toute seule dans les pièces inondées de soleil, Marie et ses albums de photos, Marie et sa vieillesse tranquille, Marie et son tombereau de secrets.
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